<EXTRAIT DU DISCOURS PARFAIT
D’HERMÈS TRISMÉGISTE À ASCLÉPIUS> (NH VI, 8)

Traduction de Jean-Pierre Mahé


(Note*)


(TRISMÉGISTE) 65 15 (Ascl 21.) Et si tu veux contempler la réalité de ce mystère, regarde l’image merveilleuse de l’union consommée par le mâle et la femelle : lorsque donc 20 il (le mâle) atteint le moment extrême, la semence jaillit. Alors, la femelle reçoit la puissance du mâle et le mâle, de son côté, reçoit la puissance de la femelle, car 25 tel est bien l’effet de la semence !

C’est pourquoi le mystère de l’union est accompli en secret, de crainte que les deux sexes ne semblent indécents à la foule qui 30 ne sait pas (vraiment) à quoi s’en tenir en cette matière. En effet, chacun (en particulier) transmet son principe générateur. Car, pour ceux qui ignorent ce qu’est (vraiment) cette œuvre, si elle se produit sous leurs yeux, <elle est> ridicule, de même que pour les incroyants ! Et d’autant plus qu’il 35 s’agit de mystères sacrés en paroles et en actes : non seulement on ne saurait les entendre, mais on ne saurait non plus les voir.

Aussi, 66 les gens de cette espèce, (les ignorants), sont des blasphémateurs, des athées et des impies. (Ascl 22) Quant à ceux de l’(autre) sorte, les hommes pieux, ils ne sont pas nombreux, mais bien peu qu’on puisse dénombrer !

5 La raison pour laquelle la malice se rencontre en beaucoup, c’est qu’ils n’ont pas la science des choses qui existent réellement. Car la gnose des choses qui existent réellement 10 est, en vérité, le remède aux vices de la matière. C’est pourquoi la science est issue de la gnose.

Or, quand il y a de l’ignorance et que la science fait défaut 15 à l’âme humaine, les vices y persistent et n’ont point de remède, tandis que la malice aussi les accompagne, à la façon d’une blessure irrémédiable. 20 Cette blessure gangrène l’âme, qui s’empuantit, rongée aux vers par la malice.

Toutefois, Dieu est innocent de ces maux, car il a envoyé aux hommes 25 la gnose et la science.

(ASCLÉPIUS) Ô Trismégiste, est-ce seulement aux hommes qu’il les a envoyées ?

(TRISMÉGISTE) Oui, ô Asclépius, il ne les a envoyées qu’à eux ! 30 Mais il vaut la peine que nous te disions pourquoi c’est seulement aux hommes, qu’il a accordé en grâce la gnose et la science, comme leur part de sa bonté.

35 Maintenant donc, écoute :

Le Dieu, Père et Seigneur, a créé l’homme après les dieux, et il l’a tiré de 67 l’élément matériel. [Comme il a] intro[duit] dans sa fabrication [la m]atiè[r]e en [quantité éga]le à s[on] s[ouff]le, les v[ice]s y demeurent. De là, 5 ils se répandent sur son corps, car il ne saurait subsister sans user de cette matière comme nourriture, lui qui est un être vivant. Puisqu’il est mortel, il est en outre inévitable 10 que des désirs lui viennent hors de propos et lui fassent du mal.

Mais les dieux, qui sont tirés d’une matière pure, n’ont pas besoin de 15 science ni de gnose. Car l’immortalité des dieux est (pour eux) la science et la gnose : puisqu’ils sont tirés de la matière pure, c’est elle qui leur a tenu 20 lieu de gnose et de science par nécessité.

L’homme, au contraire, (Dieu) l’a distingué, il l’a établi dans la science et la gnose. Pour les raisons que nous avons dites 25 avant, il a porté ces (facultés) à leur perfection afin que, grâce à elles, (l’homme) éloignât les vices et les malices d’ici-bas, selon sa (divine) volonté.

La nature mortelle de (l’homme, Dieu) l’a menée vers 30 l’immortalité, afin qu’il devînt bon et immortel, ainsi que je l’ai dit. (Dieu) lui a créé en effet deux natures, l’immortelle et la mortelle et cela 35 s’est produit selon la volonté 68 de [Dieu], pour que l’homme soi[t] supér[ieur] aux dieux, car [les die]ux, pour leur part, sont (seulement) immortels, mais les hommes, eux, 5 sont immortels et mortels à la fois.

C’est pourquoi l’homme est devenu parent des dieux, et ils ont mutuellement connaissance de leurs affaires, avec certitude. Les 10 dieux, de leur côté, connaissent celles des hommes, et les hommes connaissent celles des dieux.

(Ascl 23) Je ne parle cependant, ô Asclépius, que des hommes qui ont reçu la science 15 et la gnose : quant à ceux qui en sont dépourvus, il vaut mieux que nous n’en disions rien de fâcheux, car, puisque nous appartenons aux dieux, il nous sied (de tenir) des paroles 20 saintes.

Puisque nous en sommes venus à parler de la communion des dieux et des hommes, apprends, ô Asclépius, ce que l’homme aura de puissance grâce à cela !

De 25 même, en effet, que le Père, Seigneur du Tout, fait des dieux, ainsi l’homme, de son côté, cet être qui vit sur la terre, ce mortel qui ressemble également 30 à Dieu, lui aussi, à son tour, il fait des dieux ! Non seulement <il est fortifié>, mais <il fortifie>, non seulement il est divinisé, mais il fait des dieux !

Admires-tu cela, 35 ô Asclépius ? Es-tu, toi aussi, incrédule comme la foule ?

(ASCLÉPIUS) 69 Ô Trism[égiste, je ne trou]ve [pas] de paroles à répondre ; je te cro[is bi]en quand tu [parl]es, mais je suis [stu]péfait de [ce] que tu dis là, et je 5 compte l’homme pour bienheureux d’avoir reçu cette grande puissance !

(TRISMÉGISTE) De fait, lui qui est plus grand que tous ces êtres, ô Asclépius, il est digne d’admiration !

Ce qui nous apparaît 10 pour la race des dieux — et nous en tombons d’accord, ainsi que tout un chacun — c’est qu’elle est tirée d’une matière pure. Leurs corps sont donc uniquement des têtes. 15 Mais ce que les hommes façonnent, c’est la ressemblance des dieux. (Puisque) les (hommes) sont tirés de la partie inférieure de la matière, et que ce (qui est façonné) est issu de l’essence inférieure des hommes, non seulement 20 ces (dieux) ont des têtes, mais aussi toutes les autres parties du corps, à la ressemblance de leurs (auteurs).

De même que Dieu a voulu que l’homme intérieur fût fait 25 à son image, de même, pour sa part, l’homme fait des dieux sur terre, à sa ressemblance.

(ASCLÉPIUS) (Ascl 24) Ô Trismégiste, n’est-ce pas des statues que tu parles ?

(TRISMÉGISTE) Ô Asclépius, c’est toi qui parles 30 de « statues » !

Tu vois comme, toi aussi, ô Asclépius, tu es incrédule à l’égard de la parole, quand tu dis, à propos d’êtres qui ont en eux âme et souffle : « les statues » !

Elles qui 35 accomplissent de si grandes œuvres !

Tu dis, à propos d’êtres qui délivrent des prédictions : « les statues » !

Elles qui causent 70 d[es maladies et] qui guérissent, qui [envoient] aussi les fléaux !

Ne sais-tu pas, ô Asclépius, que l’Égypte est une 5 image du ciel, bien plutôt la demeure du ciel et de toutes les puissances qui sont dans le ciel ?

S’il nous faut dire la vérité, notre pays est le temple du 10 monde !

Il ne faut pas non plus que tu ignores qu’un temps viendra où les Égyptiens sembleront avoir déployé en vain leur zèle envers 15 la divinité, et leur application tout entière au culte divin sera méprisée.

En effet, la divinité tout entière quittera l’Égypte et remontera au ciel,
et l’Égypte 20 sera veuve, elle sera désertée des dieux.

Car les étrangers entreront en Égypte et ils domineront sur l’Égypte. Bien plus, les Égyptiens seront empêchés 25 de rendre un culte à Dieu. Bien plus, ils encourront le suprême châtiment, comme quiconque, parmi eux, sera pris à honorer Dieu pieusement.

30 Et en ce jour-là ce pays, qui est pieux au-dessus de tous les pays, se verra devenir impie.
Il ne sera plus rempli de temples, mais rempli de tombeaux
35 et il ne sera plus rempli de dieux, mais de cadavres.
Ô Égypte, Égypte !
Mais <tes dévotions> passeront pour des fables, et tes cultes divins, 71 nul n’y croira plus, [bien qu’il s’agisse] d’o[u]vres prodigieuses et d[e pa]roles sai[nt]es.
Or, s[i] tes mots ne sont plus que des pierres, à admirer,
5 alors le barbare l’emportera sur toi, ô Égyptien, par sa piété,
qu’il soit Scythe ou Indien, ou tout autre du même genre !
Mais que dis-je 10 à propos de l’Égyptien ?

Car ceux-ci quitteront eux aussi l’Égypte. Une fois, en effet, que les dieux auront abandonné l’Égypte et seront remontés au ciel, alors tous les Égyptiens 15 périront et l’Égypte sera vidée des dieux et des Égyptiens.

Et toi, ô fleuve !

Un jour viendra où tu couleras de sang, plutôt que d’eau ; quant 20 aux cadavres, ils iront jusqu’à s’entasser au-dessus des digues !

Pourtant, on ne pleurera pas le mort autant que le vivant : pour celui-ci, on ne le reconnaîtra comme 25 Égyptien qu’à sa langue et en s’y prenant à deux fois — (Ascl 25) à quoi bon pleurer, ô Asclépius — car il aura tout l’air d’un étranger d’après son comportement !

Mais la divine Égypte 30 endurera des maux encore plus grands que ceux-là :
L’Égypte, l’amante des dieux,
la demeure des dieux,
l’école de la piété,
deviendra l’image 35 de l’impiété !
Alors, en ce jour-là, l’univers ne sera plus admiré. 72 . [ . . . . . ] et l’i[mp]iét[é].
[O]n n[e] l’adorera plus [ . . . . . ] . . [ . . . . . ] . en disant : « il est aussi [b]eau que bon, et il 5 n’y en a jamais e[u] un semblable ni (pareil) spectacle ! »
Au contraire, le voilà qui risque de devenir un fardeau pour tous les hommes.
C’est pourquoi, on le méprisera, ce 10 monde magnifique (créé) par Dieu,
œuvre qui n’a pas sa pareille,
réalisation pleine de vertu,
spectacle multiforme,
chorégie 15 exercée sans envie,
remplie de tout objet de contemplation !
On préférera les ténèbres à la lumière
et l’on préférera la mort à la vie.
Personne n’élèvera plus 20 son regard vers le ciel ;
mais l’homme pieux sera compté pour fou,
l’homme impie sera honoré comme sage,
le couard sera compté pour vaillant
et 25 l’on châtiera l’homme de bien comme un malfaiteur.

Quant à l’âme et aux choses de l’âme, ainsi qu’à celles de l’immortalité et au reste de ce que je vous ai 30 dit, ô Tat, Asclépius et Ammon, non seulement on pensera qu’il s’agit là de choses ridicules, mais encore, on les bafouera.

Bien plus, croyez-moi 35 sur ce point, les (spirituels) de cette sorte encourront pour leur vie le suprême péril.

Une loi nouvelle sera établie :
73 [(rien de saint, rien de pieux,
rien de digne du ciel ni des dieux célestes
ne s’entendra ni ne se croira plus)].

Ils s’en iront alors, les génies 5 bienfaisants, et les mauvais anges resteront avec les hommes, se joignant à eux pour les entraîner au mal en toute impudence, 10 à l’impiété, aux guerres, aux brigandages, leur enseignant ce qui est contre nature.

En ces jours-là,
la terre n’aura plus d’assise
et l’on ne naviguera plus sur la mer,
15 on ne connaîtra plus les étoiles au ciel.
Toute voix sainte ou parole de Dieu,
on sera forcé de s’en taire,
et l’air sera malade.
(Ascl 26) Telle est la vieillesse 20 du monde :
athéisme et déshonneur,
dédain de toute parole de bien !

(gr. 1) Quand cela se produit, ô Asclépius, alors le Seigneur, Père et 25 Dieu, Démiurge du Premier Dieu unique, commence par observer ce qui est arrivé.

Puis, dressant contre le désordre son conseil qui est le bien, il 30 extirpe l’erreur et retranche la malice : tantôt il la consume dans un feu violent, et tantôt, 35 il l’écrase sous les guerres et les pestilences, jusqu’à ramener 74 [(et rétablir son univers à l’état ancien)] (fin gr.) [(de sorte qu’il paraisse à nouveau digne d’adoration et d’émerveillement et que Dieu lui-même soit glorifié 5 comme Créateur)] de cette œuvre.

Telle est d[onc] la naissance du mond[e] :
[le] rétablissement de la nature
des choses saintes et bonnes,
qui se produira par l’effet
10 du mouvement circulaire du temps
qui n’a jamais eu de commencement.

Car la volonté de Dieu n’a pas de commencement, non plus que sa nature, qui est sa volonté. 15 En effet, la nature de Dieu, c’est la volonté, et sa volonté, c’est le bien.

(ASCLÉPIUS) Ô Trismégiste, son conseil, est-ce sa volonté ?

(TRISMÉGISTE) Oui, ô Asclépius, puisque sa volonté 20 est dans son conseil.

En effet, ce qu’il a, ce n’est pas dans la déficience qu’il le veut : étant de partout Plénitude, il veut ce qu’il possède en plénitude 25 et c’est tous les biens qu’il possède. Or, l’objet de sa volonté, il le veut, et il a le bien qu’il veut ; donc il a le Tout.

Ainsi, Dieu 30 conçoit sa volonté et le monde, qui est bon, est l’image d’un (Dieu) bon.

(ASCLÉPIUS) (Ascl 27) Ô Trismégiste, est-ce que le monde est bon ?

(TRISMÉGISTE) Ô Asclépius, 35 il est bon, comme je vais te l’enseigner.

De même, en effet, 75 [(que pour tous les genres et individus qui sont au monde, tous ces bienfaits), l’intellect, l’âme et la vi]e pr[oviennent d]e Dieu, [de même] le Soleil 5 ex[trai]t les bi[en]s [d]e la matière : les changements de l’atmosphère, e[t la] beauté de la maturation des fruits et tout ce qu’il y a de semblable.

C’est pourquoi Dieu règne au-dessus de la cime 10 du ciel : il est partout et regarde partout. Mais, là où il est, il n’y a ni ciel ni étoiles ; il est bien éloigné des corps !

Quant au Démiurge, il domine le lieu qui 15 est entre la terre et le ciel. C’est lui qu’on appelle Zeus, c’est-à-dire la Vie.

Et Zeus-Ploutonios, c’est lui qui est Seigneur sur la terre et la mer. Mais il ne détient pas la 20 nourriture de tous les vivants mortels, car c’est Korè qui porte les moissons.

Ces puissances, en tout temps, exercent leur pouvoir tout autour de la terre ; celles des autres (dieux), 25 sur chac<un> des êtres.

Mais ils se retireront de là-bas,
les Seigneurs de la terre,
et ils s’établiront dans une ville
située à l’extrémité de l’Égypte,
que l’on 30 construira du côté du soleil couchant :
tous les hommes y entreront
soit ceux qui arriveront par mer,
soit ceux qui arriveront par la terre ferme !

(ASCLÉPIUS) Ô Trismégiste, pour l’instant, ces (dieux-là), 35 où seront-ils établis ?

(TRISMÉGISTE) Ô Asclépius, dans la grande ville qui est sur la montagne 76 [de Libye. (Mais en voilà assez sur cette question)].

(gr. 2) [(Il nous faut maintenant parler de la mort, car la mort effraie la foule), comme le] plus gra[nd m]a[l, par] 5 ignoranc[e] de la réali[té].

En fait, la mort survient com[me] le détachement des souffrances du corps, et une fois accompli le nombre (d’années imparti) <aux jointures> du corps. 10 Le nombre est en effet la jointure du corps, et le corps meurt quand il ne pe[u]t plus soutenir l’être humain.

Voici donc ce qu’est la mort : dissolution du corps et suppression 15 de la sensibilité corporelle (fin gr.). Il ne faut craindre ni l’une ni l’autre, mais bien plutôt ce qu’on ignore par incrédulité.

(ASCLÉPIUS) Qu’est-ce 20 donc, <ô Trismégiste>, qu’on ignore et qui laisse incrédule ?

(TRISMÉGISTE) (Ascl 28) Écoute, ô Asclépius !

Il y a un Grand Démon que le Grand Dieu a préposé comme inspecteur 25 ou juge des âmes humaines. Or, Dieu l’a installé au milieu de l’air, entre la terre et le ciel. Quand donc l’âme sortira du corps, 30 inéluctablement, elle rencontrera ce Démon.

Alors, il fera rebrousser chemin à cet (homme), l’examinant sur la façon dont il aura agi durant sa vie : et, s’il trouve qu’il a accompli 35 avec piété toutes les œuvres en vue desquelles il est venu au monde, cet (homme)-là, il le placera 77 [(dans la région qui lui sied) [ . . . . . . . ] le fait retourner [ . . . . . . . . . . . . . . ] Mais s’[il voit, . . . . . ] . . [ . ] qu’un tel (homme) a passé 5 sa vie dans les œuvres [mauvai]ses, il l’attrape au moment où il prend son essor ve[rs] les hauteurs, et il le précipite vers le bas, en sorte que le voilà suspendu dans le ciel inférieur, où on lui inflige un grand 10 châtiment.

Or, cet (homme)-là sera privé de son espérance, demeurant en grande affliction : et cette âme-là n’a pu trouver assiette ni sur terre, ni dans le ciel, 15 mais elle a abouti dans la mer aérienne de l’univers, là où il y a un grand feu, avec de l’eau glacée, ainsi que des traînées de flammes et un grand tourment, où les corps 20 se voient supplicier en divers tourments : tantôt ils sont précipités dans des eaux courantes, tantôt ils sont jetés au fond du feu, qui doit les anéantir.

Toutefois, je ne dirai 25 pas que c’est là la mort de l’âme — car voilà qu’elle serait délivrée du mal — mais c’est là une sentence de mort.

Ô Asclépius, il faut croire à ces (peines), et tu dois bien les redouter, 30 de crainte que nous n’y tombions. Car, pour les incrédules, ils sont impies et ils pèchent. Mais après, ils seront contraints d’y croire. En effet, il n’y aura plus seulement des discours à entendre, 35 mais ils subiront la réalité même : aussi bien, ils ne croyaient pas <qu>‘ils endureraient cela !

(ASCLÉPIUS) N’est-ce pas seulement 78 [(la loi humaine qui punit les péchés des hommes, ô Trismégiste)] ?

(TRISMÉGISTE) Tout d’abord, [ô Asclépius], tou[t] ce q[ui est ter]restre est [mortel] e[t . . . ] corps s[ont] . [ . . . . . . . . ] 5 . . [ . . q]ui sont mauvais. Toute forme [qui . . ] . est bo[n]ne auprès des gens de cette sorte.

Car les choses de ces lieux-ci, ne ressemblent pas à celles de là-bas. Comme les génies . [ . ] . [ . ] les hommes, méprisent [ . ] . . . [ . ] 10 de là-bas n’est pas de même espèce. Mais, en réalité, les dieux de ce lieu-(là) puniront spécialement le (coupable) qui est resté caché ici-bas, lui infligeant chaque jour un rude châtiment.

(ASCLÉPIUS) (Ascl 29) Ô Trismégiste, de quelle nature est 15 l’impiété ici-bas ?

(TRISMÉGISTE) Tu penses donc, ô Asclépius, que quiconque vole un objet dans un temple se comporte en impie. Car c’est un brigand que l’(homme) de cette espèce, et un voleur, et de cet acte-là, 20 dieux et hommes en sont affligés.

Mais les choses d’ici-bas et celles de l’autre lieu, ne les compare pas entre elles !

Or, je veux te tenir ce propos comme un mystère, car il ne recevra absolument aucun crédit : les âmes 25 qui sont entièrement remplies de méchanceté ne seront pas admises à circuler dans l’air, mais seront établies dans les lieux relevant des démons qui ont abondance de supplices. En tout temps ils sont pleins de sang et de meurtre, et leur 30 nourriture, c’est les larmes, le deuil et le sanglot !

(ASCLÉPIUS) Ô Trismégiste, qui sont-ils ?

(TRISMÉGISTE) Ô Asclépius, ceux qu’on appelle les « Étrangleurs » et ceux qui roulent les âmes du 35 haut des collines vers le bas, et ceux qui leur donnent le fouet, qui les jettent à l’eau, qui les jettent au feu et qui travaillent aux tourments des hommes et à leur malheur !

Car 40 ces (maux)-là ne sont pas conçus d’une âme divine, ni d’une âme raisonnable et humaine, mais ils sortent de la pire malice.

(gr. 3) [Or, il n’y a qu’une seule sauvegarde, et qui est de soi nécessaire, c’est la piété ; car sur l’homme pieux, saint et vénérable, ni mauvais génie, ni Fatalité ne sauraient jamais dominer ou avoir prise ! Dieu, en effet, protège de tout mal l’homme qui est ainsi véritablement pieux. Le seul et unique bien parmi les hommes, c’est la piété].


(Note*)