Faculté de philosophie Université Laval
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L’Authentikos Logos

Auteur(s)/Directeur(s):

Ménard (†), Jacques-É.

Les Presses de l'Université Laval (Québec)
«Bibliothèque copte de Nag Hammadi [section «Textes»]», 2
1977
viii + 80 p.
ISBN: 2-7637-6809-1


L'auteur de l'Authentikos Logos réunit et présente un impressionnant ensemble d'images et de métaphores, connues du monde hellénistique à l'époque romaine, à travers lesquelles il transmet un enseignement sur la nature réelle de l'âme, en décrivant sa chute dans le monde et la façon dont elle peut être sauvée. Pour le professeur Ménard, ce traité est aussi bien didactique qu'homilétique, et certains rapprochements avec l'hermétisme sont possibles. Selon lui, ce texte n'est absolument pas chrétien, car les nombreuses métaphores employées par l'écrit appartiennent au monde syncrétiste de l'époque hellénistique. Cependant, depuis quelques années son affirmation est discutée. Par sa terminologie, l'Authentikos Logos pourrait également se rapprocher des systèmes gnostiques tel que le valentinisme, et pourrait lui-même être considéré comme proprement gnostique.

L'Authentikos Logos est le troisième traité du codex VI de Nag Hammadi et occupe les pages 22 à 35 de ce codex. Il est précédé des Actes de Pierre et des Douze Apôtres et de la Brontè, il est suivi du Concept de notre Grande Puissance, d'un fragment de la République de Platon, de l'Ogdoade et l'Ennéade, d'une prière d'action de grâces, d'une notice de scribe et d'un fragment du Discours Parfait. Ce texte est très bien conservé, en dehors des lacunes de six à dix lignes du haut des sept premières pages. Il est rédigé en sahidique, un dialecte copte.

Le récit décrit la chute de l'âme individuelle, tombée du monde de l'immortalité et des cieux invisibles sur terre (22,4-34), et ce n'est qu'en se nourrissant du Logos et en le mettant sur ses yeux qu'elle pourra retrouver sa race (22,24-34). Sur terre, elle est mêlée aux enfants adoptifs de la femme (23,4-34), à savoir les passions qui sont les enfants de la Sophia déchue, symbole de l'âme animale soumise aux passions, qui n'est plus qu'une semence femelle opposée à la semence mâle pneumatique et céleste. L'âme ici-bas est dans un lieu de prostitution (24,8), elle est livrée à l'ivresse (24,15); sans la connaissance, elle est dans un état d'animalité (24,22). Le récit se poursuit avec la parabole du bon grain mêlé à de la paille. Cette parabole est suivie d'une nouvelle métaphore, celle du combat avec les puissances mauvaises. Pour vaincre les Archontes, le texte enjoint à nouveau de pratiquer l'ascèse (27,14), indispensable pour retrouver le Logos afin de le mettre sur les yeux à la manière d'un baume. Sans ce baume, l'âme est dans l'aveuglement provoqué par les Puissances qu'elle ne peut vaincre que grâce à la lumière dont elle est inconsciemment porteuse et qui l'aidera à remonter dans sa demeure (28,13-30). En effet, les passions guettent l'âme comme un pêcheur attire le poisson à l'aide de multiples appâts (29,3-31,24). Aussi, pour atteindre la vraie vie, l'âme doit mépriser le monde, se dépouiller de lui (31,31) et revêtir la robe nuptiale (35,5-11) et demeurer avec son véritable gardien. Elle doit remettre le corps qui l'a troublée de ses désirs aux commerçants de corps, les mauvais gardiens (32,16-34,32) qui, pires que les païens et à cause de la dureté de leur coeur, ont essayé d'entraîner l'âme à leur suite dans l'ignorance. L'âme qui se laisse ainsi tromper est insensée, alors que l'âme sensée, après avoir cherché, redécouvre ses origines, pénètre dans la chambre nuptiale plongée dans la lumière d'Orient qui ne se couche jamais (34,32-35,23) et à laquelle est adressée la doxologie finale.

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   Retour à l'accueil   >   Nous joindre   >   Réalisation Dernière mise à jour : 30/06/2010